Négligence résiduelle du passé: arbres plantés en fosse et manque de communication entre services de voirie et d’horticulture

Des travaux de voirie ont débuté sur la rue Drolet entre du Carmel et Boucher depuis la veille de la St-Jean: des pans de trottoir ont été sciés et excavés, dont une partie autour de fosses d’arbres, probablement afin de les « rafraîchir » (?)

Si c’était le cas, voilà déjà une entreprise d’apparence douteuse et inutilement coûteuse, car y circulant régulièrement, les trottoirs de ce tronçon de la rue Drolet me semblaient presque entièrement en bon état, tandis que quelques courts segments au sud de Boucher tombent en ruines depuis quelques années…

Mais le comble de l’absurde est qu’au moins 5 arbres d’âge moyen (20 ans), des érables de Norvège, on vu leurs racines sectionnées par endroits, puis exposées à l’air libre en plein été alors que l’évaporation est à son comble! De plus, ces fosses d’arbre sont de petite taille, soit environ 3 x 4 pieds. Je ne serais pas surpris que ces érables affichent rapidement des signes de dépérissement.

La rue Drolet semble malencontreusement échapper de justesse à l’une des 3 zones d’intervention prioritaire (nord-ouest du Mile end), dans laquelle la nouvelle administration de l’arrondissement a décidé d’agrandir ce printemps les fosses d’arbre et d’y planter des vivaces, une initiative tout-à-fait louable.

Mais je viens de constater que le coffrage des fosses d’arbre mises à nu a commencé à être refait, en bois, en vue de couler le béton pour mettre à neuf les trottoirs. Le problème est que selon ce qui est sur le point de se produire, les fosses conserveront les dimensions trop étroites d’auparavant, ce qui nuit considérable à la croissance et l’approvisionnement en eau des arbres. Ce serait absurde, surtout que ce nouveau programme d’agrandissement des fosses d’arbres pourrait d’ici un an ou quelques années s’appliquer à ce secteur. C’est-à-dire que béton qui devrait être coulé prochainement pourrait éventuellement être scié à nouveau puis excavé pour agrandir les fosses. Un gaspillage budgétaire qui pourrait être évité, mais pourvu que l’arrondissement réagisse très rapidement!

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Anecdote:

Un ami horticulteur travaillant pour l’arrondissement depuis au moins 2 décennies, et qui s’est trouvé à faire partie d’une équipe qui a planté ces érables vers le début des années ‘90 (peu après que les trottoirs aient été refaits sur Drolet entre la rue du Carmel et Laurier), m’a raconté comment le contre-maître a choisi de procéder…

La terre était excavée de la fosse, puis l’arbrisseau était planté avec sa motte enveloppée de jute et de broche de métal (procédure normale pour conserver la terre autour des racines). Jusque là tout est conforme, mais ensuite le contre-maître ordonnait aux cols bleus de réutiliser la terre argileuse excavée pour remblayer les arbres fraîchement plantés, et ce, malgré le fait qu’un camion à benne était sur place avec de la terre à jardin riche… qui n’aura finalement pas été utilisée. (Ce contre-maître tentait-il de prouver à ses supérieurs que ses méthodes entraîneraient des économies à la ville?)

Cela explique probablement en bonne partie pourquoi plus des 2/3 des érables du tronçon au sud de Boucher sont décédés les uns à la suite des autres depuis le milieu des années ‘90. Presque pas moyen de planter de vivaces ou d’annuelles dans un sol si pauvre et qui est presque aussi dur que du mortier, sans devoir au préalable en enlever une couche puis la remplacer par un terreau plus fertile.

Qui plus est, j’ai téléphoné au service d’horticulture du Plateau à diverses reprises entre 1997 et le début des années 2000 afin de demander que des arbres soient plantés dans près d’une dizaine de fosses vides. Je savais que la voirie finirait par asphalter les fosses sans arbre, pratique courante afin de faciliter les opérations de déneigement. Il aura fallu plus de 5 ans avant que j’obtienne une réponse officielle du service d’horticulture, suite au passage d’un inspecteur sur Drolet: aucun arbre ne sera planté, car les trottoirs font 2,25m de large, alors que la nouvelle norme pour le déneigement est de 2,6m… l’horreur!

J’étais condamné à être témoin impuissant du dépérissement à petit feu de nos beaux feuillus, ou sinon à devoir déménager mes pénates dans un secteur ou quartier plus vert. Un « Non! » catégorique a retenti dans tout mon être, et je me suis mis à cultiver puis planter des arbres dans ces mini-fosses d’arbre, d’ici à ce qu’un jour la ville les agrandisse et/ou élargisse les trottoirs et procède à une plantation massive.

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Les bonnes nouvelles:

6 des 7 arbrisseaux que j’ai plantés (5), laissé pousser et taillé (1) et donné à une voisine (1) sont en forte croissance (2 érables négundo, 3 frênes et une autre essence à identifier). Une voisine a d’ailleurs généreusement planté 5 cèdres sur une parcelle de terrain attenante à une ruelle, afin de décourager les amoncellements de déchets (ça marche, en plus de reverdir à l’année!) Il y a quelques années, le service d’horticulture est venu planter un frêne devant un HLM et agrandir sa fosse, malgré leur non respect de la norme de 2,6m (merci pour cet oubli!), en plus l’an dernier de planter 3 érables en bordure de trottoir sur le terrain d’un foyer pour personnes du 3e âge.

Un commentaire »

  1. Il y a fort à prier que le contremaître qui réutilisait la terre argileuse pour remblayer les arbres devait utiliser la bonne terre en attente dans le camion pour ses besoins personnels ou encore s’en servir pour effectuer lui-même des aménagements au privé après ses heures de travail ou encore la faisait livrer chez des confrères de travail ou des clients.

    Combien de fois j’ai vu ça. Un employé de la ville ne travaillant l’hiver qu’à déblayer le secteur où il habitait. Des journées entières à faire le tour du bloc avec sa déneigeuse et il voulait tellement que ce soit bien nettoyé qu’il avait arraché les tuyaux de Gaz-Métropolitain en façade d’une maison à trop raser les murs de près. Puis au printemps, les camions de la ville qui étaient constamment chez-lui pour lui faire de généreuses livraisons de fleurs annuelles directement sorties des Serres-Dupire. Puis les camions d’asphalte qui sans cesse venaient patcher la rue devant chez lui et la ruelle aussi. Et on ne parlera pas de toutes les incohérences qui font que oui ça coûte terriblement cher et qui fait qu’on doive se contenter que des miettes qui restent.

    Commentaire par Luc Forest — 4 juillet 2010 @ 23 h 21 min

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