La Mosaïque Verte du Nord-Ouest!

Posté le 9 juillet 2010 par Roger Latour dans Balisage

Vue d'ensemble de l'ébauche de projet (cliquez pour la carte Google avec photos)

Dans le Plateau nous en sommes à un sain bouillonnement d’idées. Et des projets s’élaborent à partir de réflexions de comités aviseurs maintenant. Sous certains aspects (la place qu’on fera aux vélos, par exemple) nous en sommes comme on dit à “copenhagueniser” Montréal. Un rattrapage paradigmatique bienvenu. Mais ce n’est qu’un rattrapage… je vous propose un nouveau paradigme: la place à la biodiversité. Verdir c’est bien, verdir différemment c’est mieux! Dira-t-on un jour montréaliser Copenhague?

Je vous présente ici sommairement un projet en projet, une ébauche de réflexion imparfaite aux concepts pas très bien ficelés. Lisez-donc avec générosité. Peut-être votre curiosité sera-t-elle piquée? Votre caboche critique et imaginative aidera sûrement! Voilà:

À la trame asphaltée et bétonnée, rues, stationnements, trottoirs du Plateau (50% de la surface de l’arrondissement) se superpose la trame verte très riche des ruelles. C’est un réseau parallèle de circulation et de milieux de vie. Et de régulation de température! Une autre ville en soi. Il a de plus un archipel peu dense de parcs de toutes dimensions. Toutefois encore une autre trame verte est envisageable et peut se greffer aux parcs existants ou aux ruelles: les terrains vagues, les excès de stationnement (il y en a de ça!) et bien d’autres petits espaces nus, négligés ou d’utilité douteuse: des prétextes à tondre bien souvent. Il est possible et souhaitable de valoriser tous ces espaces et de les mettre en réseau. Une densification du vert est possible et souhaitable, n’est-ce pas? Le choix des espèces de végétaux plantés se fait selon le critère suivant: est-ce une plante, un arbuste ou un arbre utile à la biodiversité? Quelques RéBUs (réserves de biodiversité urbaine) de bonne dimension sont concevables et, surtout, un nouveau réseau vert peut se dessiner à partir de celles-ci: un réseau vert “enrichi”. Des voies et promenades vertes “enrichies” convenant aux humains et à la biodiversité. C’est possible…

Ce printemps, au lieu-dit RéBU de l'Épipactis sur Saint-Grégoire

Chaque RéBU devient un centre d’où rayonne des micros-habitats récupérés. Utilisant des éléments déjà présents il s’agit de les enrichir, de les fusionner ou de les mettre en réseau. La connexivité peut sembler imparfaite mais elle fonctionne très bien pour les humains et les animaux qui volent, les oiseaux et insectes (pour les batraciens c’est moins certain). Le gain n’est pas négligeable et surtout il est observable. Quelqu’un n’a pas remarqué les oiseaux au Parc Lafontaine depuis les travaux de naturalisation il y a quelques années?

Le projet de la Mosaïque du Nord-Ouest du Plateau est d’unifier un ensemble disparate de petits espaces de toutes dimensions. Micro-parc ayant besoin de réaménagement, aire de stationnement sauvage, bande verte à améliorer, marge de stationnement, surface gazonnée pouvant recevoir des arbres et plantations diverses, etc. Tout cela est utilisable.

Le résultat sera un verdissement “enrichi”: tous les bénéfices pour les humains s’y trouvent (lieux de repos, régulation du climat, de la pollution atmosphérique, des eaux de pluie, etc) plus un maximum de bénéfices pour la biodiversité. Les haies fruitières que j’envisage semblent effrayer: il n’y a aucune raison pourtant. Même le parc Lafontaine a des haies! Je ne sais pas si ce sont les habitudes ou le manque d’imagination qui sont en cause mais ces haies sont malheureusement constituées d’une seule espèce! Quel dommage! Formellement la différence n’aurait pas été très grande d’y mettre plutôt un bon mélange d’espèces fruitières: sauf évidemment au printemps lors des floraisons! Écologiquement par ailleurs cela aurait été fantastique. Alors faisons différemment!

La butte donnant sur la voie ferrée: effrayant n'est-ce pas?

D’un point de vue de l’aménagement cela existe déjà (voyez la photo de cette butte ci-haut portant l’écran anti voie-ferrée). La différence que je propose se perçoit peu “paysagistement” mais ce n’est pas le but. Par exemple la symétrie (comme ci-haut avec les cerisiers aux feuilles rouges) est rejetée non pas pour des considérations esthétiques (c’est pas de l’histoire de l’art ou d’architecture du paysage…) mais pour des raisons écologiques. Les oiseaux et les insectes sont extraordinairement sensibles à la variété “tri-dimensionnelle”. Ils aiment la variété des “racoins” et des cachettes. Comme ils aiment la variété des plantations. L’objectif est d’offrir les meilleurs habitats possibles pour un maximum d’espèces: mon approche est pratique et fonctionnelle: écologique.

Tu entends les oiseaux, allons à l'ombre un peu...

Maintenant la RéBU de l’Épipactis.

Ce sera un « espace vert » à  installer dans le cul de sac Prénoveau ci-haut. Ce sera un point fort d’un réseau vert où la promenade et les aires de repos pour les humains alternent ou fusionnent avec des habitats pour la biodiversité. Installation de bancs, de tables et abreuvoirs. Ces derniers devraient d’ailleurs avoir un statut obligatoire et constitutionnel! Plaisir et santé publique oblige! Ces RéBUs n’excluent pas les humains: Réserve de Biodiversité Urbaine. Urbaine, vous voyez? Le but est un partage fonctionnel de l’espace, pas l’exclusion de l’un ou l’autre, mais un véritable interface. Le sort de la biodiversité en général dépend du lien sensible qu’ont les urbains avec elle, vous comprenez? Si vous voulez je vous en donnerai un jour les détails.

Ce nouvel interface humains/biodiversité n’est pas en vase clos: il se prolonge à l’est par Saint-Grégoire sur la petite côte de la rue Resther (à côté du concessionnaire Audi), puis en tournant vers l’ouest la marge du stationnement nord de École des Métiers de l’Équipement Motorisé de Montréal (ÉMÉMM) de la CSDM. Ensuite, depuis la RéBU vers l’ouest, les limites en partie gazonnées du stationnement de l’école offrent l’occasion d’une plantation assez généreuse atteignant presque Saint-Denis. De nouveaux condos s’y élèveront bientôt. Au sud le petit parc triangulaire “sans nom” (à la fourche Berri-Prénoveau) peut être agrandi en désasphaltant le cul de sac Berri. À une échelle un peu plus grande, l’ensemble “unifié” (voyez la carte pour une vue complète et cliquez les marqueurs bleus pour les photos) forme presqu’un pont entre le Parc Laurier et le Champ des Possibles. Il constitue une densification de la mosaïque verte.

À leurs tours chacun de ces grands espaces rayonnent vers d’autres espaces verts ou autres plus ou moins grands: le parc Laurier vers le parc Lafontaine par Christophe-Colomb ou à partir du Champ des Possibles par la voie Alma vers le jardin communautaire et plus loin au sud. La rue Rivard depuis Laurier vers le nord peut se voir retirer 3-4 mètres d’asphalte inutile (il y a une voie de trop) et comme il n’y a pas beaucoup d’arbres de belles plantations sont envisageables. Un pont intéressant entre les projets sur Laurier et la Mosaïque Verte du Nord-Est.

Faire la meilleure place possible à la biodiversité urbaine en milieu très dense est faisable. Nous pouvons faire face à cette obligation découlant de nombreuses déclarations, ententes, protocoles locaux, provinciaux, fédéraux et internationaux à peu de frais en plus… utilisons avec imagination et sensibilté (et responsabilité fiscale…) toutes les ressources et espaces disponibles. Vous savez quoi? Ça marche!

Voilà!

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